Ouganda: „Une scène classique qui m’a frappée“

Ouganda Transport de Lait 4Meine liebe Agrarjournalistenkollegin Claire Muller von „Terre et nature“ hat mir diesen interessanten Artikel zukommen lassen. Unten finden Sie eine etwas gekürzte Übersetzung, herzlichen Dank Claire, spannend!

„Ce matin-là, Enos arrive parmi les derniers au local de coulage de lait. Il n’habite pourtant qu’à 2 km de la laiterie coopérative. Pendant que le responsable transvase sa livraison dans le tank après l’avoir filtrée, Enos échange quelques mots avec d’autres producteurs, tout en partageant une tasse de thé, devant le mur où sont affichées les mesures d’hygiène de traite élémentaires. Le sujet du jour? Le prix du lait, à la baisse depuis plusieurs semaines. Le ton monte, les visages s’animent. Fenêtres grandes ouvertes et radio à fond un camion arrive soudain. Il vient d’effectuer une tournée dans les fermes éloignées.

Cette scène aurait pu se dérouler chez nous, en Suisse, dans n’importe quel village. Mais je l’ai vécue à 9000km d’ici, en Afrique équatoriale, plus exactement en Ouganda. Malgré la distance et les différences culturelles, cette scène (trop) classique m’a frappée. Quelle similitude avec ce dont je suis témoin quotidiennement chez les producteurs laitiers suisses! Même sentiment d’injustice et d’impuissance, même impression de travailler dur, de se lever tôt de se coucher tard pour un salaire frolant parfois l’indécence, même déprise d’un produit devenu de consommation courante.

Enos Habyarimania me raconte qu’il possède huit vaches, et que pour la région, c’est beaucoup. Il est arrivé à vélo, une cordelette maintenant la boille à lait sur son porte-bagage. Ce matin, il a livré dix-huit litres. Le laitier l’a soigneusement noté dans un épais cahier, après avoir contrôlé l’absence d’eau rajoutée dans la livraison d’Enos. Cette semaine, Enos sera rémunéré à hauteur de 500 shillings ougandais/litre, soit 0,18 francs suisses. Le lait constitue près des deux tiers du revenu d’Enos et de sa famille. Alors la moindre fluctuation baissière est difficile à encaisser.

En parallèle, Enos et son épouse travaillent quotidiennement dans leurs plantations de 1,2 hectares de pois, de maïs, de sorgho et de manioc, qu’ils cultivent pour leur propre consommation et dont ils commercialisent les surplus au marché. A 25 ans, il ne se plaint guère de son quotidien. Il entretient même un bon espoir de voir sa situation s’améliorer. C’est que dans sa région, le sud ouest de l’ouganda, les producteurs s’organisent. La coopérative qu’ils ont créé vient de racheter le tank à lait à l’industriel qui le détenait jusqu’alors. „Nous allons être plus forts dans les négociations“, se réjouit Enos, qui me glisse encore que le rapport de force pourrait bien être en train de changer. Il est 9h, Enos enfourche son vélo et rentre chez lui.

Suite à son voyage en Ouganda organisé par la Fédération internationale des Journalistes Agricoles (IFAJ) et l’ONG néerlandaise Agriterra, Claire Muller publiera dans le courant du premier trimestre 2014 plusieurs articles sur l’agriculture ougandaise et les suisses qui sont partis là-bas.“

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Uganda : „Eine klassische Diskussion, die mich frappiert hat“

„An diesem Morgen kommt Enos als einer der letzten zur Milchsammelstelle, dabei wohnt er nur 2km von der Milchgenossenschaft entfernt. Während der Verantwortliche seine Lieferung filtriert und in den Tank leert, wechselt Enos einige Worte mit den anderen Produzenten, dazu trinken sie Tee vor der Mauer, wo die Hygienemassnahmen angeschlagen sind. Das Thema des Tages? Der Milchpreis, der seit einigen Wochen sinkt. Die Lautstärke der Diskussion nimmt zu, während der Sammellastwagen mit offenen Fenstern und Radio auf voller Leistung vorfährt.

Diese Szene könnte sich in jedem beliebigen Schweizer Dorf abspielen. Aber ich habe sie 9000 km von hier entfernt erlebt, in Uganda. Trotz der Distanz und den kulturellen Unterschieden, hat mich diese (zu) klassische Szene frappiert. Welche Parallele zu dem, was ich in meinem Alltag bei den Schweizer Milchproduzenten erlebe! Das gleiche Gefühl von Ungerechtigkeit und Machtlosigkeit, das gleiche Gefühl, hart zu arbeiten, früh aufzustehen und spät ins Bett zu gehen für einen erbärmlichen Lohn, die gleiche fehlende Wertschätzung für das Produkt.

Enos erzählt mir, dass er acht Kühe besitzt, und das sei viel für die Gegend. Er ist mit dem Fahrrad gekommen, die Milchkanne hat er mit einem Seil auf dem Gepäckträger befestigt. Diesen Morgen bringt er 18 Liter. Der Molkerist hat die Menge sorgfältig in einem Heft notiert, nicht ohne vorher geprüft zu haben, ob kein zusätzliches Wasser beigefügt worden ist. Diese Woche erhält Enos 500 Uganda-Shilling pro Liter, das sind 18 Rappen (also rund 100 Franken pro Monat). Die Milch liefert zwei Drittel von Enos Einkommen. Die kleinste Preissenkung ist deshalb schwierig hinzunehmen.

Daneben produzieren Enos und seine Frau auf ihren Äckern mit einer Fläche von 1,2 Hektaren Erbsen, Mais, Hirse, Maniok für den Eigenverbrauch und den lokalen Markt, wenn etwas übrig bleibt. Der 25-jährige beschwert sich nicht über seinen Alltag. Er hegt sogar Hoffnung auf eine Verbesserung der Situation. Im Südosten Ugandas organisieren sich die Bauern. Die von ihnen gegründete Genossenschaft hat soeben den benützten Milchtank kaufen können. „Das wird unsere Verhandlungsposition stärken“, freut sich Enos. Die Kräfteverhältnisse würden sich dadurch verändern, ergänzt er noch, bevor er sich um 9 Uhr mit seinem Fahrrad auf den Heimweg macht.

Nach ihrer Ugandareise, die von der International Federation of Agricultural Journalists (IFAJ) und der holländischen NGO Agriterra organisiert wurde, wird Claire Muller in den nächsten Monaten einige Artikel über die Landwirtschaft in Uganda und verschiedene Schweizer, die dorthin ausgewandert sind, publizieren.“
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